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Patrimoine de Hombourg

          Patrimoine : 8. Le patrimoine religieux de Hombourg

 

GENERALITE

Le petit patrimoine populaire qui subsiste à Hombourg est actuellement exclusivement religieux. On n’y trouve en effet aucune borne ni même d’ancien poteau indicateur. Pourtant des poteaux indicateurs en fonte du type de celui situé au carrefour de la Forge à Sippenaeken ont existé aussi à Hombourg et on peut encore voir un socle en pierre ayant soutenu un tel poteau à l’angle des rues de Sippenaeken et de Hindel à Grönschelt.

Le petit patrimoine populaire religieux est quant à lui particulièrement nombreux et témoigne d’une piété populaire bien ancrée. A la Révolution Française, le décret du 17 brumaire de l’An II puis la proclamation du 19 fructidor de l’an V, prescrivant la destruction des symboles de la religion et l’enlèvement des croix ne furent certes pas exécutés systématiquement et des croix purent être sauvées (
A.MINCKE, Pratiques religieuses dans l’Europe révolutionnaire (1986)). Mais le fait que la plupart des croix subsistantes soient postérieures à la période révolutionnaire laisse à penser qu’un certain nombre de ces témoins de piété populaire ont été détruits durant cette époque tourmentée.

S’il ne fait aucun doute que l’Eglise a canalisé d’anciennes pratiques superstitieuses voire même païennes en les orientant vers le culte des saints, surtout après le concile de Trente, il faut bien constater que les cultes de saints recensés à Hombourg se limitent, en dehors de l’église paroissiale, à
Ste Anne et St Roch que l’on peut vénérer à la chapelle de Ten Driesch et aux reposoirs de Wieveld et Bisweg. Toutes les autres expressions de piété populaire sont exclusivement des croix mais elles sont extrêmement nombreuses et foisonnent le long de l’ensemble des routes et chemins de la paroisse.

Assez curieusement, il n’y a pas la moindre expression de piété mariale dans le village en dehors de l’église. Ceci vaut aussi pour St Brice, patron de la paroisse et de la confrérie qui lui est dédiée, pour St Sébastien, patron en second de la paroisse, ou pour St Joseph, patron de l’autre société. Aucun d’entre eux ne bénéficie d’une potale ou d’une chapelle alors que leur culte est pourtant bien ancré mais cela s’explique par le fait que leur culte pouvait plus aisément être pratiqué à l’église qu’au détour d’un chemin même situé sur l’itinéraire de la procession ou des rogations.

Par contre, Ste Anne et St Roch sont honorés également à l’église où ils ont aussi leur statue. Ceci permet de croire que les deux édicules de Ten Driesch et Bisweg furent en fait érigés à titre de remerciement, comme, plus tard, celui de Wieveld. Quant aux multiples croix, leur nature est très variable, leur caractère artistique aussi. Les croix métalliques sont en tous cas nettement plus présentes à Hombourg que dans tous les villages voisins et elles sont à ce niveau particulièrement caractéristique.

1.CHAPELLES, REPOSOIRS


La chapelle Ste Anne ou chapelle de Ten Driesch.

La carte du Chevalier de Soupire (1749) mentionne l’existence de la chapelle qui date effectivement du XVIIIe siècle. La carte du Comte de Ferraris (1777) mentionne aussi une construction à cet endroit mais sans préciser (alors qu’elle le fait ailleurs) qu’il s’agit d’une chapelle. Elle pourrait éventuellement avoir été construite avec les matériaux d’une construction antérieure située à cet endroit et, dans ce cas, être légèrement postérieure voire même dater du début du XIXe siècle. Le linteau droit en calcaire pourrait corroborer cette pos­sibilité. Par contre les élévations, surtout à l’arrière, en grès ferrugineux et les chaînes d’angles en calcaire inciteraient plu­tôt à confirmer la présence de cette chapelle dès le XVIIIe.

 

L’intérieur très simple est chaulé et comporte un autel en pierre calcaire sur un pied. La statue de la sainte, plus récente, est la figure traditionnelle de Ste Anne enseignant les saintes écritures à sa fille Marie encore enfant.

Ste Anne, fêtée le 26 juillet, ne nous est connue que via les évangiles apocryphes du VIIIe siècle. Epouse de St Joachim, elle aurait été stérile pendant 20 ans mais un ange lui promet alors une fille qu’elle devra appeler Marie. Cette légende a été narrée par Giotto dans les fresques d’une chapelle de Padoue.

Le culte se développa aux XVe et XVIe siècles et Grégoire XII l’étend en 1587 à l’Eglise universelle. Patronne de la Bretagne, la mère de la Ste Vierge fait aussi partie des traditions populaires de nos contrées. Sa maternité tardive la recommandait évidemment aux femmes stériles puis, par liaison, aux jeunes-filles qui ne trouvaient pas de mari… Son caractère de femme active en fit la patronne des coutières et des grands mamans.

Tout porte à croire que la chapelle a été érigée en remerciement pour une des faveurs habituellement sollicitées de la sainte.

Le cadastre actuel situe la chapelle dans une propriété privée tandis que l’atlas des chemins vicinaux de 1844 la mentionne sur la voie publique, laquelle se serait donc entre-temps rapprochée du ruisseau. Restaurée par le S.I. elle est entretenue régulièrement ainsi que ses abords par un de ses membres. Chaque année une des deux processions paroissiales s’y arrête car elle sert de reposoir. A Noël, une crêche de quartier y est aménagée et une animation avec des chants de Noël y est réalisée.

Sa situation au carrefour des rues de Rémersdael et Ten Driesch en a fait le cœur d’un quartier en forte expansion.

Avant 1850 et la création de la grand-route, ce carrefour avait la fonction de l’actuel carrefour de La Bach puisque le chemin de Hombourg à Aubel y croisait celui de la vallée de la Gulpe. C’est évidemment cette situation qui a motivé l’emplacement de la chapelle, laquelle n’a toutefois jamais été tournée vers le carrefour car elle se situe légèrement en retrait vers l’aval.

La chapelle-reposoir de Bisweg.

Ce reposoir dédié à St Roch est daté de 1763 , selon l’inscription figurant au fronton. Comme St Roch est invoqué contre les épidémies et épizooties, on peut s’étonner de cette date qui ne correspond à aucun événement de ce genre au Pays de Herve. Il y a eu une épizootie en 1759 et une autre en 1771. Toutefois, il peut évidemment aussi avoir été érigé pour … s’en prémunir.

Les lettres IWN figurant sous la date sont une énigme. Il s’agit probablement des initiales du donateur mais le "N" à l’envers intrigue.

Le reposoir d’un m² environ comporte une base en grès assise surmonté de pierre calcaire avec une voûte à clé en pointe. Le tout est recouvert d’une bâtière en ardoise dont l’aspect est sans doute assez lourd mais qui semble toujours avoir existé. Une grille ancrée dans la pierre calcaire ferme la niche chaulée qui abrite la statue de St Roch accompagné de son chien.

La vie de St Roch appartient autant à l’hagiographie qu’à la lé­gende. Pèlerin à Rome, il y soigne les pestiférés avant d’être frappé par la peste lui-même. Réfugié près de Plaisance dans un bois, abandonné de tous, un chien d’un seigneur voisin dérobe chaque jour un petit pain qu’il vient lui apporter. Réconforté par un ange il guérit mais, ayant rejoint Montpellier, il y est jeté en prison et meurt vers 1327. A son chevet on trouve une planchette réputée d’origine céleste où l’on lit: "ceux qui, frappés de la peste, auront recours à l’intercession de St Roch, seront délivrés de cette cruelle maladie". Le culte de ce saint prit une ampleur redoublée à chaque épidémie.

Il est ordinairement représenté avec un genou dégagé, atteint de la peste et accompagné du chien au petit pain.

La chapelle-reposoir de St Roch que les Hombourgeois appellent "chapelle de Bisweg" mais il s’agit à proprement parler d’un reposoir se situe à un carrefour jadis important comportant à l’époque cinq branches vers Bisweg, Kalbreg, Grönebent Geheut, Dorp et Bach (branche disparue).

Encadré de haies, l’édicule semble intégré dans la prairie voisine mais tant le cadastre que l’atlas des chemins vicinaux le placent, avec une frange de la prairie vers Dorp, sur le domaine public.

Malgré son éloignement, il est particulièrement fréquenté même de nos jours par les riverains; des cierges et fleurs y sont encore déposés régulièrement. Toutefois, beaucoup d’habitants de Hombourg ignorent jusqu’à son existence en raison de son isolement.

Sa restauration a été réalisée en 1988 et 1992 (p.p.p.w. n°899).

La Chapelle-reposoir St Roch à Wieveld

Située au bord de la grand-route cette chapelle-reposoir est, comme celle de Bisweg, dédiée à St Roch mais plus récente. Selon le témoignage des riverains, elle a été construite par leur famille en même temps que l’autre chapelle érigée par elle à St Roch (Terhagen), soit en 1907.

Partiellement reconstruite suite à la destruction de la ferme voisine en 1944 au cours des bombardements de la gare de Montzen, elle a gardé l’aspect simple des chapelles-reposoirs. Construite en briques, il s’agit en fait d’un reposoir à l’intérieur d’une chapelle. Le tout est surmonté d’une niche à la Vierge tandis que la bâtière à deux pans est surmontée d’une croix en fer travaillée. La statue de St Roch est nettement plus grande qu’à Bisweg.

Chaque année la procession de la paroisse de Plombières dont ce lieu-dit dépend se rendait jusqu’il y a peu à cette extrémité de la paroisse. Aujourd’hui, une messe annuelle y est célébrée.

La chapelle de Gensterbloem



Ouverte au culte, cette vaste chapelle fut construite en 1910 et est dédiée à St Antoine. Il existait toutefois déjà une chapelle dans l’établissement qui fut en premier lieu une école pour jeunes-filles avant de devenir après la première guerre mondiale une maison de repos pour personnes âgées. Le couvent doit son origine au reflux des religieux allemands vers la Belgique en 1875, lors du "Kulturkampf" de Bismark. Le domaine de Gensterbloem fut mis à disposition des Soeurs Franciscaines par la famille du comte Bourcier de Montureux. Les Soeurs acquirent le bien (1 ha 35a) en 1908 et la première pierre de la chapelle fut posée le 14 mars 1910. Elle eut à souffrir lors de la seconde guerre.

Cette vaste chapelle pouvant contenir près de 100 personnes était desservie par un recteur et avait le statut de chapelle publique. Depuis sa création, le hameau de Gensterbloem ne participe pratiquement plus à la vie locale de Hombourg et n’est d’ailleurs plus cité sur l’ostensoir de la procession. La distance a évidemment joué en faveur de cette chapelle, qui n’a toutefois jamais reçu le titre de succursale.

La maison de repos qui lui était attenante était tenue par les religieuses qui y hébergeaient quelque 32 pensionnaires 7 religieuses. Elle ferma ses portes en septembre 2002.

 


La chapelle-tourelle du jardin du presbytère

Cette tourelle d’angle est ouverte vers le jardin et abrite une statue de St François d’Assise. Elle date de la fin du XIXe, soit au moment de l’érection du mur d’enceinte en blocs de calcaire.

On ne s’explique pas bien la présence de cette statue du fondateur des franciscains dans un jardin presbytéral. S’y trouve-t-il comme un rappel permanent du message de St François d’Assise, qui s’était voué à la pauvreté évangélique et à l’humilité? Nul ne le sait mais il est certain que la vie de ce saint qui a vécu de 1182 à 1226 et qui rompit avec le monde à 24 ans a frappé les imaginations, ne fût-ce que par les fresques de Giotto à Assise.

Le petit autel en pierre adossé à la sacristie orientale

Il s’agit d’un petit autel de pierre situé au cimetière derrière la sacristie orientale. Aucune inscription n’y figure et nul contemporain n’est à même de préciser depuis quand il est là ni quelle fut son utilité jadis. Il comporte une croix dans une niche et est ancré dans le mur de la sacristie. La pierre calcaire qui compose ses différents éléments est taillée.

La petite chapelle disparue à Chevémont

Ce petit édicule se trouvait jusqu’à la fin des années 1950 juste au nord des fermes de Chevémont. Les témoignages recueillis n’ont pu déterminer à quel saint elle était dédiée. Elle est tombée en ruine vers 1960 et disparut progressivement.

 

2.CALVAIRE

Le Calvaire au centre du village.

Erigé en 1938 à l’initiative du curé Cratzborn à l’emplacement du chemin qui traversait le cimetière jusqu’alors, ce calvaire abrité dans une chapelle fut béni le 20 novembre 1938 par Mgr Kerckhofs à l’occasion des 25 ans de l’ ACJB en Belgique et à l’aube de la 10e année d’existence de la section locale d’ACJB-JAC. C’est le Christ en plâtre de l’ancienne poutre en chêne barrant le chœur de l’église (dont est constituée la croix) qui orne désormais le calvaire. Les statues de la Vierge et de St Jean furent placées en 1954 à l’occasion des 25 ans de la JAC locale(Marcel Xhonneux op.cit. pp 91&142).

 

 

3.MONUMENTS


Le Sacré-Cœur en face de l’église.

Comme dans un bon nombre d’autres paroisses belges, c’est à l’occasion du centenaire de la Belgique que fut érigé ce Sacré-Cœur. Le socle est composé d’un assemblage non ordonné de pierres calcaires sur lequel est posé un demi-globe surmonté du Christ au Sacré-Cœur. Aux pieds de la statue de pierre peinte sont gravés la couronne d’épine, un fouet et un calice. Dans le socle est insérée la mention 1830-1930; Hombourg au Sacré-Cœur. Le monument est entouré d’une grille basse en fer forgé. Depuis 1998 il est entretenu et fleuri par le « Homerger Theater group ».

   

La croix JRC du Schaesberg

Erigée en 1979 pour les 50 ans de l’ACJB-JAC-JRC locale, il s’agit d’une croix en béton de quelque 25 tonnes, de 15 m de hauteur dont 13 hors sol et dont les bras ont une envergure de 3 m chacun. Elle se voit de loin sur la colline du Schaesberg et est orientée vers le sud. Elle est chaque année l’occasion d’un cortège aux flambeaux à l’anniversaire de sa bénédiction, le 2ème dimanche d’octobre. Outre la plaquette indiquant la raison de son érection, on y trouve les mentions IHS, 1929-1979, Pax Christi et l’emblème de la « Jeunesse Rurale Catholique » (JRC). Ce mouvement l’illumine durant la semaine qui précède la messe annuelle à la croix.

   

 

Le Monument aux morts des deux guerres

 

 

 

Erigé en 1948 derrière la pelouse d’honneur, il est en pierre et comporte un casque militaire surmontant le flambeau sacré de la patrie ainsi que deux croix aux extrémités, rappelant les victimes de la guerre 1914-18 à gauche et 1940-45 à droite. Il présente la forme d’un autel précédé d’un parterre de fleurs.

   

 

 

La plaque commémorative aux victimes de la guerre.

Elle orne la façade de l’ancienne Maison Communale mais ne comporte que les noms des victimes de la première guerre mondiale. La seconde plaque relative aux victimes de la seconde guerre n’a jamais été apposée. La plaque est en pierre surmontée d’un lion belge en cuivre.

 

La stèle commémorant les 400 ans de la Société St Brice

Erigée au lieu-dit "A gen Schtang", à proximité immédiate de l’emplacement de l’ancienne perche de tir de la société, cette stèle inaugurée à la St Brice 1991 rappelle les festivités des 400 ans de la plus ancienne société locale. Il s’agit d’un énorme bloc de pierre dont la face brute comporte une plaque scellée du quadricentenaire.

 

 

Le monument du Bon Pasteur au cimetière

Erigée à l’initiative du curé Cratzborn, cette statue du Bon Pasteur en pierre de France orne en fait la sépulture des curés de la paroisse. On y trouve l’inscription « Ego sum Pastor bonus », ("je suis le Bon Pasteur").

 

 

 

4.LES CROIX EN FER FORGE ET EN FONTE

Caractéristique de la région, elles foisonnent et sont très travaillées à Hombourg.


Croix en fer forgé du carrefour de La Bach
Croix en fer de Bamisch
Croix en fer du lieu-dit Pöts
Croix en fer du lieu-dit "é gene Baet"
Croix de Belven
Croix de Bisweg
Croix en fer forgé des fermes de Bisweg
Croix en fonte au jardin de la ferme de Bisweg
Croix murale de la ferme d’Ermend
Croix en fer forgé de 1793
Croix en fer forgé de Pley
Croix forgée dans une niche au pont de Hindel
Croix sud de Wieveld
Croix nord de Wieveld
Croix en fer forgé de Chevémont
Croix de Gulpen - Kriemerweg
Croix de Straet
Croix murale de la ferme de Kheer
Croix en fonte du carrefour de Laschet
Croix en fer forgé implantée par le S.I. à Laschet
Croix en fer plat du carrefour de Lattenheuer
Croix en fer plat de Frankenelsen
Croix en fer forgé du carrefour de la caserne
Croix forgée de Grönschelt
Croix et fontaine d’öneschtehindel
Croix en niche d’öneschtehindel
Croix du carrefour de Dorp-Espewei
Croix forgée de Boanweg-Ermend
Croix du carrefour de Vieljaeren à Chevémont
Croix en fonte de Vogelsang

Croix en fer forgé du carrefour de La Bach

Rue d’Aubel, cette croix de carrefour paraît remonter à la fin du XIXe, même si le carrefour lui-même date de la construction de la grand-route en 1850. Le Christ est en fonte tandis que les extrémités de la croix sont ornées comme la croisée des bras de décorations en volutes.

Croix en fer de Bamisch

A l’angle des sentiers 160 et 161, à proximité de la rue du Bois 67. Perdue en prairie au bord d’un sentier, elle est en fer à section ron­de comme celle de Vieljaeren. Le Christ, disparu a été renouvelé.

Croix en fer du lieu-dit Pöts

Rue de Belven N° 14, il s’agit d’une simple croix contemporaine en métal située là où se croisaient jadis les chemins Hombourg-Montzen et Aubel-Aix.

Croix en fer du lieu-dit "é gene Baet"

Rue de Belven N° 90, il s’agit également d’une simple croix en métal avec auvent érigée à l’intersection entre la rue de Belven et le sentier de Ville.

Croix de Belven

Rue de Belven N° 89, cette croix située au devant d’une maison non loin du carrefour de Belven avec les chemins de Kheer et de Ville, date du début du XXe siècle. Les terminaisons ornementales sont à rapprocher d’éléments décoratifs répandus dans la composition de diverses sortes d’objets et mobiliers en fonte du début de ce siècle. Elle a été remplacée à la charnière du millénaire par une nouvelle croix en face au carrefour du chemin de Kheer.   

Croix de Bisweg

A la jonction entre le chemin de Bisweg et la SNCB, cette croix est citée par l’Inventaire du Patrimoine en exemple des croix en fer forgé à Hombourg. Elle date du XIXe siècle et est réellement de belle facture par l’abondance de ses éléments décoratifs en forme de volutes forgées non seulement aux extrémités mais également tout le long du montant vertical. On notera aussi l’écriteau "INRI" caractéristique car constitué de lettres réalisées par percement au travers de l’écriteau avec inversion de la lettre "N".

Croix en fer forgé des fermes de Bisweg

Bisweg N° 17, située dans le virage, sous un épicéa, cette croix est de taille assez modeste et se situe sur un haut socle en calcaire. Elle est en fer plat orné de rainures du début du XIXe.

Croix en fonte au jardin de la ferme de Bisweg

Bisweg N°28, élément importé du Limbourg NL, il est de même facture que les croix du carrefour Laschet et Vogelsang.

Croix murale de la ferme d’Ermend

Centre N° 9, seule croix murale, si l’on excepte les niches, elle comporte un présentoir-abri jadis en zinc. Les spécialistes pensaient que le dossier de l’abri pouvait avoir été porteur de motifs décoratifs et d’une mandorle en gloire en raison des proportions de l’abri. Les témoignages recueillis et les travaux de restauration démentent cet espoir. Cette croix qui peut dater de la fin du XIXe siècle, jadis entretenue par la JAC-JRC, était de facture simple voire modeste et la restauration lui a restitué cet aspect. (Comme l’ASPAR avait formulé un avis de spécialiste quant aux motifs ayant pu décorer cette croix, le SI a interrogé les témoins mais en vain. L’abri était sans décoration et en zinc).

Croix en fer forgé de 1793

Rue du Cheval Blanc N°7, c’est la plus ancienne des deux croix datées de la localité. La date  de 1793 est gravée de part et d’autre sur les bras de la croix. Le Christ est ici en cuivre, ce qui n’est pas fréquent. Cette croix était jadis située dans une haie à gauche de la maison mais dans la même propriété, laquelle date de 1896. Où pouvait dès lors se situer cette croix auparavant ?

Croix en fer forgé de Pley




Rue du Cheval Blanc N°67, de loin la plus imposante des croix en fer forgé de la localité; par ses dimensions, son poids, celui du Christ en fonte, le véritable tour de force artisanal que constitue le globe stylisé aux pieds du Christ, forgé en éléments beaucoup plus fins devant supporter la partie supérieure particulièrement lourde; elle mérite assurément le détour. La croix est ornée en outre des décorations caractéristiques en forme de volutes ainsi que de spirales en forme de tire-bouchons aux extrémités, ce qui la distingue aussi des autres croix de la localité. Il s’agit réellement d’un élément rare particulièrement travaillé de la fin du XIXe siècle.

   

 


Croix forgée dans une niche au pont de Hindel

Rue du Cheval Blanc N°11, nichée dans une façade située en face du chemin de Hoppisch, il s’agit d’une croix en fer forgé comportant également des décorations en forme de volutes. Elle se situe à la fin du XIXe.

Croix sud de Wieveld

A 100m. du 204, rue du Cheval Blanc, située en face des installations du club de football AC Hombourg à l’amorce d’un sentier qui reliait jadis Lattenheuer à Dellegraet, il s’agit d’une croix pouvant remonter à la première moitié du XIXe siècle, voire même à la fin du XVIIIe, si on la compare avec la croix de 1793 dont elle s’inspire.

Croix nord de Wieveld

Rue du Cheval Blanc N° 220, située à environ 100 m de l’autre croix de Wieveld mais juste en face de la rue de Lattenheuer, elle semble assurément postérieu­re et ressemble plus au type des croix de Grönschelt et de Dorp-Espelwei. Elle comporte des décorations à l’intersection des deux branches de la croix tandis qu’on remarquera la forme assez curieuse en forme de tenaille des extrémités forgées de cet élément assurément intéressant. Elle pourrait dater de 1900 environ.

Croix en fer forgé de Chevémont

Chevémont N°9, c’est probablement la plus ancienne croix de Hombourg et aussi la plus curieuse et la plus étonnante. Elle date du XVIIIe voire même du XVIIe siècle si on en juge par l’état du montant à l’arrière de la croix avant restauration. Mais ce qui reste un véritable mystère, c’est la signification de ce semblant de cadran avec ce qui ressemble à une rose des vents et qui surmonte la croix. Aucun spécialiste n’a été en mesure de donner une explication à la présence de cette décoration insolite. Les deux bras étaient eux aussi ornés avant la restauration de deux restes de motifs dont il ne restait de part et d’autre que deux fragments ne ressemblant en rien au motif du haut de la croix et même assez dissemblables entre eux. Il était en outre vraiment impossible d’en deviner la forme. Cela reste donc une croix à mystère.

Croix de Gulpen - Kriemerweg

A la source de la Gulpe, située en face de l’étang à l’origine de la Gulpe, juste à l’amorce de l’ancien Kriemerweg vers Gensterbloem, cette croix accidentée voici quelques années a retrouvé place au même carrefour. Contrairement aux autres croix en métal de la localité, elle n’est pas en fer plein mais en "U" et comporte des décorations tant à l’intersection qu’aux extrémités.

Croix de Straet

Chemin de Hoppisch N° 57, a quelques pas du Hoppischbach, près de l’accès piétonnier à la ferme de Straet (Stroet en dialecte). Cette croix bien conservée ressemble à celle de 1793 et date manifestement de la même période ou du début du XIXe siècle. Bien entretenue, elle n’a nécessité aucune restauration. Il s’agit d’un croix sobre.

Croix murale de la ferme de Kheer

Kheer 37, alors que les croix en bois foisonnent aux murs des fermes, c’est ici une croix en fer simple et peinte en rouge selon la tradition.

Croix en fonte du carrefour de Laschet

Face au N° 61, de facture comparable aux deux autres croix en fonte ajourée de la localité, la croisée des bras comporte un Christ rayonnant. Il s’agit d’une production régionale abondante (Voir Héritages de Wallonie, Petit patrimoine sacré (Ed du Perron) p95, illustration d’une croix identique à Bombaye, témoigne d’une production abondante). Cette croix a remplacé une croix en bois située à ce carrefour auparavant. La croix en fonte proviendrait du cimetière de Hombourg.

Croix en fer forgé implantée par le S.I. à Laschet

Cette croix ne fait pas à proprement parler partie du patrimoine ancestral de Hombourg, car elle vient d’ailleurs. Il s’agit d’une croix de très belle facture, retrouvée grâce à une lettre figurant aux archives paroissiales (1986) Elle a été déversée dans un talus du Stribweg avec des pierres tombales des cimetières puis sauvée de la disparition à la ferme d’öneschte Veljore. Restaurée par le S.I., elle a été placée à l’ «Y» situé derrière l’ancien pont de laschet.

Particulièrement décorée, elle comporte un Christ de grande dimension. Elle doit provenir d’un des villages de la commune de Plombières mais il n’a pas été possible de le déterminer.

Croix en fer plat du carrefour de Lattenheuer

Rue de Lattenheur, élément de la même époque que celui de 1793, on remarque ses extrémités caractéristiques en forme de fleurs stylisées forgées. Le Christ en plomb n’est pas d’époque. L’ensemble a gardé une élégante sobriété. Les éléments du pied ont été aménagés postérieurement et coulés dans une meule. Sa position sous un arbre séculaire en fait une des croix typiques de Hombourg.

Croix en fer plat de Frankenelsen

Face au N°54 rue de Lattenheuer, distante de 150 m de la croix de Lattenheuer, la croix de Frankenelsen est un des deux exemplaires en fer plat. Fortement endommagée, elle a été restaurée et placée en face de son emplacement d’origine. Il s’agit d’un exemplaire forgé également ancien en ce qui concerne son montant vertical. Elle pourrait dater du XVIIIe siècle.

Croix en fer forgé du carrefour de la caserne

Rue de Rémersdael, élément amplement décoré, à l’instar de sa voisine du carrefour de La Bach mais en plus petit, cette croix est placée sur un socle en pierre arrondi en forme de borne haute. Une armature enserre la pierre. C’est le seul modèle de ce type parmi l’ensemble des croix forgées. Cette croix date de la fin du XIXe siècle et semble dès lors avoir été placée au moment de la construction des voiries à cet endroit.

Croix forgée de Grönschelt  

A l’angle des rues de Sippenaeken et Hindel, elle est de loin la plus massive des croix en fer forgé de Hombourg par l’ampleur de la section de fer utilisée et le poids de l’ensemble, elle n’en est pas moins décorée à l’intersection des bras et même aux pieds. Elle semble dater comme celles de Wieveld-nord et de Dorp-Espewei de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle. Il se pourrait même qu’elle ait été placée vers 1911, lors de l’érection de la route de Sippenaeken car le socle de pierre de l’ancien poteau indicateur qui subsiste juste à côté de celui de la croix, est de même facture.  

Croix et fontaine d’öneschtehindel

Rue de Sippenaeken N°139, cette fontaine se trouve derrière la ferme, au bord du vieux chemin menant vers Eyckenstock et le Bois de Laschet. Elle date de la seconde moitié du XIXe siècle et l’ensemble constitue un agréable groupe de souvenir de la vie de l’époque.

Croix en niche d’öneschtehindel

Rue de Sippenaeken N°141, située, côté rue, sur la façade de l’étable attenante au bâtiment à colombage, la croix date de la seconde moitié du XIXe siècle et est en fer forgé particulièrement décoratif. La niche est à fond blanc et la met bien en évidence.

Croix du carrefour de Dorp-Espewei

Rue de Sippenaeken, réalisée à la même époque que celle de Grönschelt si on examine sa forme de même inspiration, sa position au carrefour de la rue construite en 1911 vers Sippenaeken permet de la situer aussi à ce moment. Comme celle de Grönschelt également, elle est munie d’un écriteau sous la croix mais dont le texte varie. Le socle est aussi de même facture. Elle est toutefois plus petite.

Croix forgée de Boanweg-Ermend

Rue de la Station, située à l’intersection de l’actuelle rue avec l’ancien Boanweg, la croix est datée de 1851 et comporte la mention IHS. On découvre aussi en pointillé au sommet de la croix les chiffres 85 45 sans que la signification ait pu en être déterminée. Cette croix est en fer jusqu’aux pointes comprises. On remarquera son pied particulièrement important, lequel a été déterré car il était enfoui depuis plusieurs années. Le carrefour où elle est située n’existait pas en 1851 et tout porte à croire qu’elle a dès lors été déplacée à cet endroit, éventuellement depuis la source d’Ermend-Boanweg toute proche.

Croix du carrefour de Vieljaeren à Chevémont

Cet élément est moins apprécié par les autochtones que par les spécialistes du patrimoine qui situent cette croix à section circulaire ornée de volutes à la fin du XIXe siècle. Les éléments qui l’attachent au sol et les décorations sont de cette époque.

Croix en fonte de Vogelsang

Rue du Mémorial Américain, cette croix en fonte de série a remplacé une croix en bois avec auvent dont les débris gisent encore sur place. La croix en fonte est d’assez petite taille, très travaillée et de facture assez différente de celles de Bisweg et de Laschet. Elle date de la fin du XIXe siècle et est bien visible à l’entrée du cimetière américain. Elle provient aussi d’une tombe désaffectée.  

 

4.1 LES CROIX EN PIERRE

Généralité
Les croix en pierre de cimetière
Les deux croix d'occis de la rue du Cheval Blanc


Généralité

Toutes les croix en pierre conservées sont des croix d’occis ou des croix funéraires. Seule la croix classée devant le jardin du presbytère pourrait échapper à cette classification.

Le cimetière de Hombourg recèle le plus grand nombre de croix anciennes de la région. Toutes ces croix des XVIe,XVIIe et XVIIIe siècles constituent en raison de leur nombre, 117 au total, de leur décoration, et des inscriptions qui y figurent, une source d’information précieuse tant pour ceux qui s’intéressent au travail de la pierre que pour les philologues et les toponymistes à la recherche de la langue utilisée par nos ancêtres dans les épitaphes. Il est bien difficile, à ce propos, de se faire une opinion décisive. En effet, si les inscriptions en langue ripuaire, la langue rhénane utilisée surtout à l’église jusqu’au XVIe siècle, sont rares comme les pierres-témoins avec inscription datant de cette époque, celles en brabançon, langue de nos gouvernants sous l’ancien régime, mieux connue dans la région sous le vocable "bromesch", sont manifestement encore très présentes. Mais le dialecte ne semble pas absent non plus et certaines pierres tombales comportent des inscriptions où sont allègrement mélangés des éléments brabançons, ripuaires et dialectaux ainsi que, surtout à partir du XVIIIe siècle, allemands. Les pierres de la seconde moitié du XVIIIe siècle sont essentiellement gravées en haut-allemand car il s’est entre temps imposé comme langue de l’église dans la région.

 

Ce sont cependant les pierres sans inscription datant du XVIe siècle qui représentent la valeur archéologique la plus significative en raison des motifs dont elles sont ornées. On trouve un certain nombre de croix nimbées aux raccords en quart-de-rond disposés aux angles intérieurs du dessin de la croix. D’autres sont pignonnées en forme de triangle à chaque bras. Enfin, les plus travaillées sont taillées en forme de lobes ou de festons, soit par deux soit même par trois, de diamètre similaire. On trouve encore d’autres jeux de ressauts aux extrémités de certaines croix. Quant à l’iconographie, elle est particulièrement ciselée sur certains exemplaires alors que la pierre calcaire qui les caractérise toutes est loin de se prêter aisément à une taille minutieuse. Le thème habituel est le cal­vaire mais on trouve aussi, surtout sur les spécimens les plus anciens, des motifs comportant des branches, symbolisant l’Arbre de Vie (gothique du XVIe siècle) ou une fleur de lys, un monogramme du Christ et de Marie, ou d’autres décorations difficiles à interpréter, parfois en raison de la dégradation de la pierre.

Quant aux croix d’occis, commémorant des morts violentes, le long des chemins, deux exemplaires récemment restaurés par la commune bordent la rue du Cheval Blanc, l’un au lieu-dit Kever et l’autre au Cheval-Blanc. La première date de 1633 et l’autre révèle un assassinat perpétré en 1711 sur J.Smets.

Les croix en pierre du cimetière

   

Après celle servant de décrottoir à l’entrée du cimetière, on trouve alignées le long de l’église quelques beaux spécimens dont la première écrite en brabançon date de 1666, la seconde en français est à peine plus récente (1670) et est pignonnée uniquement au sommet, de même que la troisième, en français également datée de 1668, laquelle est ornée d’une couronne de baron. La quatrième, en brabançon, est datée de 1656-1678 et est ornée de trois lobes à chaque bras et de deux à la base.

La 5ème est illisible et pignonnée au Sommet comme la 6ème qui est gravée en allemand mais est aussi plus récente (1782). La 7ème , comparable à la 4ème comporte un calvaire gravé mais le texte est illisible. La 8ème date de 1758 et est en allemand. Au-delà de l’angle du mur de l’église se trouve encore une croix écrite en brabançon et datée de 1669 et pignonnée au sommet comme la précédente.

Le long du mur clôturant le cimetière à l’arrière on trouve le plus grand nombre de croix anciennes dont 44 sont emmurées et 22 se trouvent devant le mur.

En commençant derrière l’église on rencontre une première croix dont le motif représente une feuille de lierre. Elle est suivie d’une dizaine d’autres croix aux motifs très peu visibles mais qui comportent manifestement des inscriptions très sommaires. Ces croix sont parmi les plus anciennes et il n’est pas impossible que certaines d’entre elles remontent à la fin du XVIe siècle. On rencontre ensuite une croix de 1638 rédigée dans un mélange ripuaire-allemand. A cet endroit se situent plusieurs croix dont l’une comporte un monogramme de Jésus et Marie, décoré de branches symbolisant l’arbre de vie. Elle est gothique et remonte au XVIe. A proximité, parmi plusieurs croix illisibles, on distingue celle sans texte et ornée d’une croix du XVIe ou du XVIIe également gothique, puis celle d’Hupert van den dael avec un Christ gothique du XVIIe et celle de Bert van den Dryeld avec un Christ de même facture. Dans le mur, on voit une croix ornée d’une source jaillissante datant du XVIe. Citons encore celle de Nelles Breuer, gothique du début du XVIIe et celle sans inscription mais ornée d’un trèfle à 4 feuilles en son milieu.

La croix de 1633 érigée pour Jan Nols comporte à la fois des éléments brabançons, allemands, ripuaires et dialectaux. Celle de Hinrich Ketz comporte les mêmes mélanges et est ornée en sus d’un beau calvaire ciselé.

Après une croix sans inscription et une autre comportant une inscription également verticale (du XVIIe), on trouve une croix avec la mention énigmatique: "QUI E MORT DPER QUI EN REU ECCI E SI EPEE TUS COLLA DONE A DECIMA ANNO G...?? VITA LONGI". Les éléments latins et français sont mélangés.

Un peu plus loin, se situe la croix de ?icken Nols de 1651 puis, devant le mur, celle d’Engel vanAlschenberch de 1617 et dans le mur, une croix illisible de la seconde moitié du XVIIe puis une autre écrite en caractère gothique de la même époque. Après celle de N.Otten de 1676 et une autre illisible dans le mur, celle de Mathys Becker (1616) constitue un autre modèle de mélange d’éléments ripuaro-allemands, franciques, mosans et brabançons. (begraben ... starf...)

Un peu plus loin, au-delà de plusieurs croix illisibles, celle de Maria Steven (1643) comporte des éléments brabançons et allemands. La suivante, celle de Hein Gillis «aen den Lattenheuwer" (1625) est intéressante en ce sens qu’elle atteste du hameau de Lattenheuer à cette époque. La précédente pourrait d’ailleurs aussi comporter une référence au hameau de "Gronenschilts" (Grönschelt) plutôt qu’à l’époux de la défunte qui, sinon, aurait porté ce nom...

On voit ensuite la croix de Wilem Walremont (1650) en brabançon puis celle de Daem Heyendal (1618); encore un nom de hameau de Hombourg (ancien nom de Hindel) qui est devenu un nom de famille. Après la croix en allemand de Maria Jennis (1747) et une autre, illisible, dans le mur, datant de 1607, celle de Willem Thielen (1655) en brabançon, a gardé une lisibi­lité aussi nette que sa voisine (Sophie Kever, +1643). Par con­tre, dans le mur, se trouvent à cet endroit plusieurs croix illisibles. La croix funéraire de Jan Bauwaens et Goise Radermecker (1722) en brabançon étonne au XVIIIe siècle car c’est déjà l’époque où l’allemand se généralisait sur les croix funéraires. Par contre, la suivante, datant de 1658, est en allemand avec éléments ripuaires (croix de ...a Brandt épouse de Dierich "in Gulpen", en référence au hameau ou au village du même nom). La croix de Maria Vruchop, veuve Thielen est en brabançon. (1649) tandis que celle de lohanes Gensterblom de 1618 se réfère à un nom de famille qui est aussi celui d’un hameau. Les deux croix suivantes, dans le coin, près de la chapelle sont en allemand avec éléments ripuaires pour la première de 1664 (Lins Dericx), haut-allemand pour l’autre (Coenen) de 1747. Derrière la chapelle, la croix pignonnée du fils de Laber Ulrich, est également en allemand tandis que la suivante, de même facture, est illisible. Celle de lohannes Radermecker est de nouveau un modèle de mélange des 4 langues (1716). Entre la chapelle et la maison, la croix de 1738 de Maria Cheneux est en brabançon, ce qui est assez peu courant à cette époque. La croix est ornée de trois lobes à chaque bras.

A cet endroit on trouve dans le mur une croix d’occis d’un fils de Reingens "van Hoppisch" La croix semble dater de 1678 Suivent ensuite plusieurs croix peu lisibles dont la première, pignonnée se trouve juste devant la précédente.

Devant le mur de la maison, la première croix (Catharina Ma­ger) date de 1663 et est en brabançon comme la seconde (1626 Lambert Col) et la 3ème (1669) Reinart Reintgens de Belven. Elles sont suivies par la croix en allemand (1748) de Maria Franssen et celle de Jan Warimont (1652) en français, avec couronne.

Les caractères peu lisibles de la croix de Margret, veuve de Lennart Micheels (1645) ne permettent pas de déchiffrer la langue utilisée. Juste à côté, la croix de Jenneken (1668) fille de Jan Cuypers de Wiliaren, avec monogramme du Christ, de Marie et Anne, ainsi qu’une couronne est écrite en brabançon.

A l’angle de l’annexe construite sur le cimetière, se trouve une magnifique croix ciselée de 1696 en l’honneur de Hendrick Nyssen avec un chapelet et des fleurs taillées dans la pierre autour du texte en brabançon comportant des éléments allemands comme celui de la croix voisine d’E.Baltus-Heyendal (1618).

Après la croix de 1639 d’Anna Heyendal, celle de Peter Driessen (1656) est en allemand. Il est difficile de se prononcer sur la langue de la croix de Jan Nis de Belven (1634) mais le « tot Belven » laisse deviner le brabançon. Sa voisine (1635) est en français.

Le long de la haie, côté rue, la plupart des croix tournées vers la haie sont illisibles. La première date de 1635, la seconde avec ornementation en forme de lobes date de 1735 et est en brabançon (Helena Radermecker-Franck). La troisième non datée est du XVIIIe et l’inscription est allemande (époux Bodden) tandis que la suivante est en brabançon et comporte le même nom et le même texte qu’une croix située à proximité de l’anne­xe dans le cimetière également érigée pour un « Jan der sohn Anna Nys tot Belven » (1634) en langue brabançonne.

La suivante, du XVIIe, est en français; elle voisine une croix de 1643 puis une en français pour Mathieu Lagel de Waluomont, qui  trépassa le 25 décembre 1627.

La croix de Gertrude Nüssen, épouse Nols, en brabançon, ne comporte plus de date lisible tandis que celle de Frederick Cremer localisé à la Gulp (1669) est suivie de deux croix illisibles dont une de 1626 puis d’une autre avec lobes ornementaux et un beau calvaire (Christ, Vierge et St Jean sculptés). Enfin les 10 dernières croix près de l’escalier de l’église sont trop proches de la haie pour être accessibles.

En définitive, parmi les croix accessibles et lisibles, on compte dès lors 7 recours au français, 23 au brabançon, 4 au dialecte local francique mosan, 6 au ripuaire, 18 au haut-allemand et 7 qui ne permettent pas de se prononcer malgré leur lisibilité. La grosse majorité des croix lisibles sont du XVIIe siècle: l’ensemble des croix en français, 18 de celles en brabançon, 3 de celles avec référence francique mosane et 5 de celles avec référence ripuaire. Enfin 10 des croix en allemand sont aussi du XVIIe. Par contre on ne rencontre que 4 références brabançonnes au XVIIIe pour 7 en allemand.

Les croix permettent aussi aux toponymistes d’attester les hameaux soit parce qu’il y est fait directement référence, soit parce que le nom du défunt atteste du lieu: Alschenberch (1616), Heyendal (Hindel) (1618), Ten Driesch (1616) , Gensterblom (1618), Gulpen (1616), Lattenheuwer (1625), Belven (1634), Groenenschilts (Grönschelt) (1645), Wiliaren (1668), Hoppisch (1678 ) ... (La langue des épitaphes a pu être déterminée grâce au Dr Léo Wintgens ; voir, du même Steinkreuse an unsern Wegen, Im Cöhltal, n°23, p16 ; Voir aussi du même ; Steinkreuz u.Bildstock (1971). RPMSB, op cit. pp38-39, liste de 67 croix du cimetière classée par date)

 

Les deux croix d’occis de la rue du Cheval Blanc

Au lieu-dit Cheval- Blanc, la croix d’occis de Jan Smets « van Homborch » date de 1711 et est rédigée en allemand et brabançon. Elle comporte des lobes ornementaux et est pignonnée au sommet. Celle de Jan Ulrich (1633) au lieu-dit Kever est de même facture et rédigée en allemand comme sa croix funéraire au cimetière.


LES CROIX A AUVENT DE BOIS

La croix à auvent de Tau roix murale de la ferme classée de Poat
La croix murale au pignon d’une dépendance
La croix murale du lieu-dit Kever
La croix à auvent de Patloy
La croix à auvent de la pension de famille
La croix à auvent du lieu-dit Hel
La croix à auvent de Gulper-Schmet
La croix murale à auvent de la ferme de Laschet
La croix à auvent du chemin de Dorp à Bisweg
La croix à auvent de la ferme d’öveschte-Vieljaere

A côté de la croix en métal dont l’auvent est également en métal au pignon de la ferme d’Ermend au centre du village, il existe une dizaine de croix dont l’auvent et la croix sont en bois. Le Christ est toujours en métal (plomb ou alliage). On distingue aussi les croix à auvent murales des croix à auvent sur pied. Parmi les auvents, la plupart sont de forme triangulaire, tandis que deux seulement, celui en métal précité à la ferme d’Ermend et celui de la ferme d’oveschte Vieljaeren, sont à couronnement circulaire en arc de cercle.

L’ensemble des croix à auvent comporte un dos soit de forme décorative soit en forme de losange. Le plus bel exemplaire est assurément la croix murale de la ferme classée de Poat au cen­tre de la localité.

La croix à auvent de Tau

Rue d’Aubel, accrochée à une grosse poutre dans la haie, (jadis à un très haut sapin), là où le sentier venant de la chapelle Ste Anne débouche sur la chaussée, cette croix simple est de taille minuscule et comporte un auvent de bois surmontant une croix modeste remise à neuf en 1992, la croix originelle avait été volée.

La croix murale de la ferme classée de Poatt

Centre N°65, accrochée au pignon de l’étable classée, cette croix constitue une véritable oeuvre d’ébénisterie en bois polychrome dont la restauration est due à deux artistes de la famille propriétaire. On remarquera particulièrement le travail des décorations sous le linteau de l’auvent ainsi que l’harmonie des couleurs.Centre N°65, accrochée au pignon de l’étable classée, cette croix constitue une véritable oeuvre d’ébénisterie en bois polychrome dont la restauration est due à deux artistes de la famille propriétaire. On remarquera particulièrement le travail des décorations sous le linteau de l’auvent ainsi que l’harmonie des couleurs.

La croix murale au pignon d’une dépendance

Centre N°59, à peine visible de la rue, derrière le mur et la porte charretiè­re de la maison en face du calvaire, cette croix en fer de la seconde moitié du XIXe siècle est travaillée aux extrémités. Si elle figure ici, c’est en raison de son auvent de bois.

La croix murale du lieu-dit Kever

Rue du Cheval Blanc N°47, accrochée au mur de façade, cette croix peinte en blanc se singularise par le sommet en forme de pan coupé de son auvent prolongé par deux chutes et par le fond dont la terminaison chantournée achève avec bonheur la présentation de ce mobi­lier suspendu. On remarquera aussi la gloire rayonnante aux angles de la croisée de la croix qui date du début du siècle.

La croix à auvent de Patloy

Gulpen, ce carrefour entre la route de la Gulpen et le chemin de Patloy qui remonte vers la Hees fut jadis orné d’une croix à auvent et dos travaillé puis d’une simple croix sans auvent. Celle-ci a été remplacée en 1992 par une nouvelle croix simple à auvent.

La croix à auvent de la pension de famille

Gulpen N°269, il s’agissait d’une modeste croix rurale à auvent située à l’entrée de cette propriété, juste au-delà du passage au-dessus de la Gulpe. Très discrète, elle était peinte en brun mais a disparu vers 1995.

La croix à auvent du lieu-dit Hel

Gulpen N°280, là où le sentier de Hof vers Hel aboutit à la rue Gulpen, une croix à auvent, jadis située quelque 20 m en amont se trouve aujourd’hui après rénovation sur un excédent de voirie.

La croix à auvent de Gulper-Schmet

Gulpen N°312, adossée au pignon de la ferme de Gulper-Schmet, cette croix est un exemplaire simple des croix à auvent avec chutes latérales.

La croix murale à auvent de la ferme de Laschet

Laschet N°61, restaurée en 1992, cette croix était particulièrement ancienne pour une croix en bois et comportait un sommet en forme de pan coupé qui a été restitué ainsi que deux chutes latérales. Le montant de la croix, particulièrement long et fidèlement recomposé donne à penser que cette croix murale a pu être jadis une croix sur pied simplement recoupée. Jusqu’à sa restauration elle était peinte en rouge comme les portes d’étable, selon la tradition locale des portes d’étables et barrières peintes aux couleurs des deux sociétés politico-folkloriques (identification au clan).

La croix à auvent du chemin de Dorp à Bisweg




Située au croisement avec le sentier vers la ferme de Hindel­Bach (ou Baeg), cette croix très simple à auvent comporte une particularité qui a été maintenue: le Christ ni a plus qu’un bras depuis mai 1940. En effet, la Wehrmacht, instruite des chicanes placées par l’armée belge aux « Trois Ponts », s’orienta vers les chemins de déviation dont celui-ci, beaucoup trop étroit. La croix placée dans la haie fut enlevée, piétinée. Le bras se brisa puis un soldat, sans doute croyant, la releva et la replaça un peu plus loin dans la haie. Le sentier aboutit là dorénavant.

 

 

La croix à auvent de la ferme d’öveschte-Vieljaeren

Au N°30, seule croix en bois à couronnement circulaire en arc de cercle de métal sur deux branches d’arbre à l’état brut, elle présente aussi la particularité d’être la seule pourvue d’un Christ de bois en gloire.

4.4 LES CROIX EN BOIS SANS AUVENT AUX MURS ET ARBRES.

Croix sur arbre rue d'Aubel
Croix sur arbre de Kalbereg

Croix murale de Mestefe
Croix murale de Marquishof
Croix sur arbre de Gulper-Veld
Croix sur arbre à Grönebent
L’Arbre à la Croix
Croix sur un arbre
Croix de Hindel-Bach
Croix sur un arbre au carrefour du château de Vieljaeren
Croix sur un frêne au lieu-dit Knakkert-é gen Alpes
Croix sur un arbre à l’angle du chemin de Hee

Outre les croix à auvent, il existe un certain nombre d’autres croix de bois en général plus simples, accrochées à un mur ou un arbre et qui sont dépourvues de décoration extérieure à la croix proprement dite. Certaines échappent parfois à cette règle. La liste qui suit n’a pas non plus la prétention d’être exhaustive car ce type de croix voit apparaître régulièrement de nouveaux témoins pendant qu’un certain nombre d’autres disparaissent aussi. Ce sont parfois des croix récupérées de cercueils.

Croix sur arbre rue d’Aubel

Au vieux chemin de Chevémont.

Croix sur arbre de Kalbereg

Rue du Cheval Blanc N°173, elle se situe entre la ferme de Kalbereg et la chapelle de Bisweg.

Croix murale de Mestefe

Gulpen N°90, visible de la rue.

Croix murale de Marquishof

Gulpen N°116, bénitier d’intérieur.

Croix sur arbre de Gulper-Veld

Au carrefour de la Motte.

Croix sur arbre à Grönebent

Rue Lattenheur N°71, vers Bisweg.

L’Arbre à la Croix

Rue de Sippenaeken, croix-repère sur un chêne en amont des Trois Ponts, dans un virage.

Croix sur un arbre

Rue de Sippenaeken N°113, près de la mare.

Croix de Hindel-Bach

Rue de Sippenaeken N°113, à ce jour, sur un mur ; jadis sur un arbre disparu au carrefour des chemins 40 et 41 également disparus.

Croix sur un arbre au carrefour du château de Vieljaeren

Cette croix en fer forgé est dotée d’un Christ également en fer et le tout est mis en valeur sur un arbre-carrefour grâce à une croix en bois aux extrémités arrondies qui lui sert de support.

Croix sur un frêne au lieu-dit Knakkert-é gen Alpes

Près du bois de Laschet. C’était le carrefour des chemins 39 et 41 incorporés dans les prés.

Croix sur un arbre à l’angle du chemin de Hees

Rue Belven N°30, cette croix comporte un auvent mais pas de dossier.