pp1788a4d5.jpg

Patrimoine de Hombourg

2.Introduction

Pour décrire le patrimoine architectural que l’on trouve disséminé dans tous les hameaux et lieux-dits de Hombourg, il est indispensable de le situer dans son contexte paysager et remonter à l’origine de la structure d’habitat de l’Arrière-Pays de Herve où se situe Hombourg.

Les vallées de la Gulpe et de la Gueule dans lesquelles s’insère Hombourg appartiennent en effet à cette sous-région du nord du Pays de Herve qui se distingue assez nettement de la zone centrale du Pays de Herve, celle des vallées de la Berwinne et du Bolland essentiellement, tout comme elle se différentie de la zone de la vallée de la Voer à l’ouest.

Le sous-sol se compose de roches dures primaires de l’étage dit houiller et de terrains meubles secondaires qui les surplombent. L’érosion de la Gueule et de ses affluents a mis à nu ces roches qui affleurent parfois sur les versants. Le sous-sol de Hombourg comporte essentiellement des grès, psammites et schistes ou houilles du carbonifère dans les parties nord des vallées du Bahnhagerbach, du Heyendalerbach et du Tunisbach tandis que le plateau de Bamisch-Wieveld comporte des sables et grès secondaires de l’assise d’Aix. La crête du village et les vallées de la Gulpe et du Berlierenbach sont formées d’argilites, de grès argileux et de sables glauconifères secondaires de l’assise de Herve. Enfin la crête de Hees et celle de Gensterbloem-Vogelsang-Merckhof se composent essentiellement de craies secondaires tandis que l’on trouve, mais en quantité moindre que sur les crêtes Fouronnaises, les conglomérats de silex typiques à l’ouest. (P.MARDACA, Architecture rurale du Pays de Herve (1987)p43).

Si la nature lithologique du sous-sol a pu influencer l’utilisation des matériaux de construction dans la région, ce sont cependant les structures agricoles qui ont formé le paysage. Celui-ci a considérablement évolué au cours des siècles en raison de l’évolution de l’agriculture initialement très marquée par les champs de cultures vivrières avec les contraintes communautaires d’assolement pour les cultures et de vaine pâture pour les troupeaux. On remarque encore de nos jours dans des prairies en pente importante de brusques dénivellations qui sont en fait les limites d’anciens champs toujours labourés dans le même sens.

Au 16ème siècle plusieurs édits de Charles-Quint et de ses successeurs interdisant l’exportation du blé hors des Pays-Bas espagnols dont le Pays de Herve constituait l’enclave Limbourgeoise, une reconversion forcée modifia complètement l’agriculture régionale pour la vouer désormais à l’élevage.

Cette transformation essentielle a déclenché un processus de mitage intégral de l’habitat agricole du village et de quelques hameaux importants préexistants vers la dispersion intégrale. En effet le système de la vaine pâture n’était plus possible à partir du moment où l’ensemble du terroir agricole était voué à l’élevage. Dés lors des fermes de plus en plus nombreuses apparurent au fil des multiples chemins creux de la localité et seuls subsistèrent en fait dans la seconde moitié du XVIIIe siècle quelques grands domaines s’adonnant encore à la culture. Il s’agit des domaines de Vieljaeren, Berlieren Hof et Ten Hof ainsi que des coteaux le long du bois de Laschet (P.MARDAGA,op.cit. - p 43, Carte de Ferraris). Toute la frange nord de Hombourg s’adonnait à l’élevage et comportait déjà un morcellement accentué de la propriété. Les haies d’aubépines et plus rarement de charmes ou de hêtres apparurent afin de clôturer les parcelles donnant désormais au paysage un aspect bocager tout neuf que la plantation d’arbres fruitiers à hautes tiges accentua encore dans le courant du XIXe et de la première moitié du XXe siècle. Ces vergers furent abondants dans la vallée de la GuIpe et sur le plateau de Chevémont ainsi que les versants de Ten Driesch, Berlieren et, de façon moins dense dans la frange nord du village.

La plupart des vergers et un certain nombre de haies vives ont toutefois subi un arrachage systématique dans la seconde moitié du XXe siècle, de sorte que le caractère bocager tend peu à peu désormais à faire place à des herbages ouverts et dégagés. Hombourg n’a jamais possédé de bois important sur son territoire actuel. Les 90 ha de bois de Rémersdael ne profitaient qu’aux habitants de ce village tandis que les bois de Hees et Laschet ainsi que celui de Vogelsang appartenaient aux propriétaires fonciers locaux. L’ancien bois banal se situait certainement au hameau de Bamisch qui en tire son nom.

Quant à l’habitat, il n’a jamais présenté à Hombourg l’aspect d’un bourg compact et le nombre de maisons aux pignons jointifs s’est toujours limité à quelques habitations proches de l’église. Contrairement à d’autres localités, le centre ne s’est pas non plus dépeuplé lorsque l’évolution vers l’élevage se produisit avec la dispersion de l’habitat qu’elle entraîna. Le noyau central n’a jamais été important à Hombourg mais ce sont essentiellement les hameaux qui se sont dispersés en une multitude de lieux-dits désormais habités pour la plupart.
Parmi les matériaux utilisés dans les constructions, seules les fermes et maisons en grès et calcaire construites sous l’Ancien Régime ainsi que de rares exemplaires à colombage existent encore. La plupart des fermes et maisons ouvrières en torchis ont disparu alors qu’elles se sont très nettement maintenues plus au nord à Epen voire même encore à Sippenaeken. Au cours du XIXe et du XXe siècle, c’est évidemment la brique fabriquée sur place qui supplanta pour l’essentiel les autres matériaux sauf pour les soubassements.

Le caractère essentiellement agricole de la localité ne permet pas de rencontrer de maisons bourgeoises anciennes. Par contre la propriété agricole présente un aspect complètement différent dans la vallée de la Gulpe par rapport au versant de la Gueule. En effet si la vallée de la Gulpe comporte les grands domaines appartenant principalement à la famille de Furstenberg, soit environ 300 bonniers, le versant nord du village compte, lui, une multitude de propriétaires dés le XVllle siècle. Alors que, dans la seconde moitié du XIXe siècle la proportion de propriétaires locaux tend à diminuer fortement dans le pays de Herve au profit de citadins, à Hombourg elle augmente, mais c’est essentiellement provoqué par le démembrement des grandes propriétés.

Ainsi on voit que si la noblesse possédait en 1782 la moitié de Hombourg et Rémersdael, la famille de Furstenberg possède 791 ha en 1859 mais s’en désaisit progressivement ensuite.

Le patrimoine immobilier de Hombourg qui subsiste est constitué en majorité de fermes qui valent chacune le détour même si plusieurs d’entre elles ont subi des transformations voire des mutilations motivées, pour la plupart, par les nécessités d’exploitation.